Pendant des années, j’ai eu l’air stupide en parlant anglais.

J’avais bien appris un peu d’anglais au collège et au lycée, en LV2, mais mon niveau n’était vraiment pas terrible. Quand j’ai commencé ma thèse, cela faisait des années que je n’avais plus fait d’anglais. 

Lors de la première conférence à laquelle j’ai assisté, un des organisateurs m’a proposé de parler à la place d’un invité qui venait de se décommander pour le lendemain. Mais pour réduire les frais, je partageais ma chambre avec une doctorante russe que je ne connaissais pas. Donc, pas moyen de m’entraîner à voix haute toute la nuit. Bref, la mort dans l’âme, j’ai refusé cette superbe opportunité.

Lors de ma thèse, j’ai rédigé et publié trois articles… en français. Dans mon domaine, ce n’était vraiment pas une bonne idée. 

Juste avant de partir en post-doc, je suis allée assister à un workshop à Berkeley, où on m’a proposé au dernier moment de faire un exposé. Cette fois, je m’étais préparée au cas où ! Mais pour répondre aux questions du public, c’est une autre affaire… J’avais très peur d’un collègue américain qui posait des questions très longues et parlait très vite. Pourtant d’après tout le monde il était très gentil, pas de quoi être terrifiée !

Un jour j’en ai eu marre de toutes ces opportunités ratées et j’ai décidé d’un plan d’action : aller vivre deux ans en famille dans un pays anglophone. Mes enfants pourraient en profiter pour devenir bilingues ! Pour m’y préparer je me suis mise à écouter quotidiennement des cours d’anglais en podcast, à apprendre du vocabulaire, à lire des livres en anglais…

A mon retour en France, après deux ans à Toronto, je parlais bien anglais et les choses étaient plus faciles. Je pouvais donner des cours de master en anglais et animer par mail en anglais un comité de programme.

Et pourtant…

Je me sentais toujours stupide en parlant anglais avec mes collègues. J’avais peur de faire des fautes. J’étais obnubilée par mon accent. J’avais du mal avec les temps, surtout les temps du passé qui ressemblent si peu à ceux du français. Je me disais que personne n’allait rien comprendre à ce que je racontais et je paniquais. Du coup j’avais du mal à me concentrer, je bafouillais et je me perdais dans mon histoire. J’imaginais que mon histoire dans la tête de mon interlocuteur était une pelote emmêlée. J’étais terrifiée à l’idée de devoir faire répéter plusieurs fois mon interlocuteur sans finalement jamais comprendre ce qu’il voulait me dire.

Le problème n’était donc pas du tout mon niveau d’anglais mais toutes ces pensées parasites !

J’ai donc repris le travail mais en cherchant cette fois ce que je devais me dire pour me sentir en confiance : 

Je raconte à mon rythme. 

C’est OK d’avoir un accent. 

Les anglophones aussi font des erreurs. 

Ce n’est pas grave de se tromper de temps. 

C’est en pratiquant que je vais m’améliorer. 

J’aime apprendre de nouvelles choses et progresser. 

C’est drôle de voir les erreurs que je fais à l’oral et pas à l’écrit. 

Je suis curieuse de voir comment ça va se passer cette fois. 

Et vous, quelles sont vos pensées parasites ? Quelles sont au contraire celles qui vous mettent en confiance ?

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